Sanctions pour les entreprises, état des lieux en Europe et discriminations liées au travail hybride

Découvrez notre sélection des principales actualités liées au travail hybride. Au programme : les nouvelles recommandations gouvernementales, les pratiques de télétravail dans les principaux pays européens et enfin les effets pervers liés au distanciel.

January 7, 2022
2 minutes

Télétravail : ces sanctions (presque) impossibles à appliquer pour le gouvernement

Les entreprises qui ne jouent pas le jeu du télétravail pourraient être pénalisées d’une amende allant de 1 000 euros par salarié concerné et ce jusqu’à 50 000 euros maximum. Les sanctions arrêtées par le gouvernement pour veiller au renforcement du télétravail sont-elles véritablement applicables ?

Pas vraiment selon cet article paru dans La Tribune, les - environ - 2 000 agents de l’inspection du travail étant trop peu nombreux pour se frotter aux près de 150 000 entreprises (ETI, PME et groupes) que compte le pays. D’autre part, l’application de la règle implique une définition claire et consensuelle des postes télétravaillables. Reste donc aux patrons et inspecteurs du travail de s’accorder sur cette question totalement subjective.


Le télétravail en Europe

Quelles sont les pratiques et les représentations associées au télétravail en Europe ? L’Ifop a mené une enquête dans les 5 grands pays du continent (Allemagne, France, Italie, Espagne, Royaume-Uni) pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès. Voici ce qu’il faut en retenir :

Les français aspirent davantage que leurs voisins à un mode hybride, équilibré entre télétravail et bureau : ils plébiscitent en majorité 2 à 3 jours par semaine de distanciel plutôt que 4 à 5 jours.

Si la France est le pays où l’on exerce le moins en télétravail (34% des actifs), les collaborateurs aspirent néanmoins à davantage de distanciel. Ainsi les frustrations liées au télétravail sont exacerbées en France, comme l’atteste l’écart entre la fréquence réelle et la fréquence désirée de distanciel (0,9 jour).

Discrimination, isolement : comment éviter les effets pervers de l’organisation hybride ?

La mise en place du travail hybride impose aux employeurs d’être attentifs aux effets adverses notamment discriminatoires : cet article paru dans la Harvard Business Review nous apprend ainsi que les collaborateurs noirs sont sept fois moins enclin à revenir au bureau que les collaborateurs blancs, car ils veulent échapper à un environnement de travail toxique.

L’auteur souffle donc six solutions pour endiguer les effets pervers de l’hybride en entreprise, notamment en :

  • Éduquant les managers pour qu’ils incitent au travail hybride (et éviter au salarié de craindre l’éventuel jugement de son n+1 réfractaire au remote)
  • Développant une culture axée vers la data pour dépasser les intuitions : analyser par exemple les réseaux de collaborations inter-équipes pour coordonner leurs venues ou encore identifier les collaborateurs à risque et prévenir leur isolement.


Edmée Citroën