November 22, 2022
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2 minutes

« Quiet-quitting » : pourquoi ma génération démissionne en silence 

À quoi bon trimer pendant 40 ans alors que la planète brûle, qu’on n’aura pas de retraite, qu’y a la guerre en Ukraine? On n’a pas envie de faire des heures sup, de répondre aux mails le dimanche soir, de ne jurer que par notre "travail-passion". Découvrez la dernière chronique d'Edmée Citroën, responsable de la communication chez Offishall.

« Quiet-quitting » : pourquoi ma génération démissionne en silence 

Parce que dire « je suis sous l’eau » est complètement has-been. La soumission consentie sonne faux: «  je me plains d’être méga-busy mais en même temps je sais que c’est cool de l’être ». CC Laëtitia Vitaud. 

C’est pas honnête intellectuellement et donc pas du tout #2022: le nouveau cool c’est d’assumer ses fragilités. 

La structure des posts linkedin qui cartonnent le montre : c’est toujours l’histoire d’un fall & rise. "Comment j’ai planté 3 startups avant de fonder une licorne" ou encore "comment je suis devenue la reine du copy- writing alors que j’étais dernière de la classe en dictée », comme l’écrivait Nina Ramen.


Parce qu’au 21è siècle nos héros sont des losers. On est une génération de blasés, qui aimons la normalité de Kyan Khojandi dans Bref, la dimension trash et crue de Lena Dunham dans Girls, la bizzarerrie du personnage principal de Fleabag. On veut de l’humain dans toute sa splendeur, du qui nous ressemble. Les marques l’ont compris; depuis quelques mois les corps imparfaits s’affichent sur les pages de pub de nos magazines. Le vrai, c’est cool. 

On fait de la loose un art, une revendication, une identité. 

Nos parents ont passé des années à gravir les échelons déguisés en pingouin munis d’attaché-cases.

On a grandi en lisant à la rubrique faits divers la mort d'épuisement d’un stagiaire en banque privée retrouvé gisant chez lui après 72h sans dormir. 

À quoi bon trimer pendant 40 ans alors que la planète brûle, qu’on n’aura pas de retraite, qu’y a la guerre en Ukraine?

On lit partout que soft skills & mad skills sont clés : avoir de l’humour ou justifier d’un séjour de 6 mois en Amazonie est + sexy qu’arborer un diplôme d’HEC en entretien. Audrey m’a d’ailleurs recrutée chez Offishall sans CV, charmée par mon story-telling: "j’ai toujours rêvé d’être syndicaliste et caresse l’idée de devenir humoriste." 


Dans ma boîte, le CTO a un groupe de rock, un des collaborateurs passe ses weekends à faire de l’ébénisterie, quand l'autre code des jeux vidéos sur son temps libre. #sideproject

Le travail n’est plus central dans nos vies. Bien au contraire. 


Les diplômés boycottent les boîtes du CAC40 parce que la croissance ça pollue. 

On déserte les tours grises de la Défense - trop verticales trop glauques trop inhumaines. 

On veut du sens, de l’impact, de la confiance et de la flexibilité. Jérôme Friteau & Elise Thibaut-Gondré l’ont bien compris.


On n’a pas envie de faire des heures sup, de répondre aux mails le dimanche soir, de ne jurer que par notre "travail-passion".


Je suis d’ailleurs étonnée que personne n’ait osé inventer le néologisme #trassion. Merci Elise Fabing de nous avoir sensibilisé aux dérives qui en découlent via #balancetastartup dont je cite ici l’excellente tag-line :

« Le babyfoot c’est cool, le droit du travail c’est encore mieux. »  

Alors oui on quiet quit.

Et c’est pas grave.

Calmez-vous les boomers en SUV (hilarante expression piquée dans un papier de Laure Calamines dans l’ADN), c’est la suite logique des choses. 


Parce que le travail c’est cool, mais la vie c’est encore mieux !

Edmée Citroën

Le travail hybride à portée de main.

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