November 22, 2022
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3 minutes

« Le télétravail doit pouvoir se faire ailleurs que chez soi. »

Mi-novembre, Frédérique Lardet, élue LREM en Haute Savoie a déposé une proposition de loi visant à rembourser plus simplement les dépenses liées au télétravail notamment lorsqu’il est exercé depuis un co-working. Ce “titre-télétravail” pourrait aller jusqu’à 600 euros par salarié par an.

 « Le télétravail doit pouvoir se faire ailleurs que chez soi. »

Comment vous est venue l’idée du “titre-télétravail” ?

En parallèle de mon mandat de députée, je suis présidente de la communauté d’agglomération du Grand Annecy, qui emploie plus de 1 000 collaborateurs. Lors des confinements successifs, la mise en place du télétravail a souligné les inégalités sociales entre les agents. Tout le monde n’a pas la chance d’habiter dans des logements spacieux. De nombreux collaborateurs ont du télétravailler dans de petits studios en présence du ou de la conjoint.e, dans des conditions pas toujours optimales.

Il faut que les collaborateurs aient accès à des espaces de coworking proches de chez eux. Je crois que le télétravail doit pouvoir se faire ailleurs que chez soi. Seulement, aujourd’hui ces lieux sont exclus du dispositif de prise en charge des frais de télétravail liés notamment à l’électricité, à internet ou encore à l’assurance.

En quoi consiste le “titre-télétravail” ?

Il s’agit d’un forfait-télétravail, pris en charge par l’employeur, sur le même modèle que le forfait-mobilités; c’est donc une allocation forfaitaire défiscalisée allant jusqu’à 600 euros par an (2,50 par jour télétravaillé) par salarié couvrant ses dépenses liées au télétravail et ce qu’il soit effectué depuis n’importe quel lieu (domicile, co-working, tiers lieux etc...). Je souhaiterais que cela prenne la forme d’une solution de paiement spécifique, dématérialisée et prépayée pour les collaborateurs.

Certains patrons sont réticents vis-à-vis du home office, de nombreux dirigeants d’entreprise en ont peur et sont d’ailleurs plus rassurés à l’idée d’avoir des collaborateurs exerçant depuis des lieux de co-working. C’est un environnement cadré, où il y a du lien social, cela permet à certains employés de mieux se concentrer qu’à domicile.  Et cela peut contribuer à prévenir ou éviter les risques psycho-sociaux liés à l’isolement des télétravailleurs.

Comment voyez-vous l’évolution des pratiques en matière d’organisation du travail ?

Je crois que le télétravail est une avancée sociétale nécessaire. Il fait partie intégrante de la qualité de vie au travail . Aujourd’hui, la distance domicile-travail est en moyenne de 26 kilomètres, c’est énorme ! Pour aller au bureau, les collaborateurs font souvent une heure de trajet quelque soit le moyen de locomotion, en voiture ou en transport public. C’est deux heures par jour de perdues avec sa famille !

Quand j’étais jeune maman, j’avais ma propre entreprise, cela me permettait de télétravailler et donc de passer plus de temps avec mes enfants. Il faut donner cette souplesse aux collaborateurs afin qu’ils puissent concilier vie personnelle et professionnelle.

En plus d’améliorer la qualité de vie, le télétravail permet de baisser l’emprunte carbone des salariés. Selon l’Ademe, travailler à distance en moyenne deux jours par semaine réduirait de 10% le bilan carbone par collaborateur.

Enfin, en tant qu’élue locale, je sais que le télétravail contribue à redynamiser les zones rurales. Je crois qu’on a intérêt à disperser les collaborateurs hors des communes centrales, pour animer davantage les lieux moins densément peuplés.

Que pensez-vous du télétravail thérapeutique instauré dans certaines entreprises, qui vise à accorder plus de flexibilité aux collaborateurs vulnérables (personnes âgées ou handicapées, femmes enceintes, etc...) ?

J’y suis favorable. Dans la fonction publique, les arrêts de travail représentent plus de 30 jours par personne par an, c’est catastrophique. Le travail à distance contribue à faire baisser l’absentéisme, cela pourrait représenter des économies considérables pour la sécurité sociale.

Quel est l’avenir de votre proposition de loi ?

J’espère pouvoir la défendre à l’Assemblée Nationale avant la fin de mon mandat, car je ne me représente pas à mon poste de députée. Le texte pourrait être examiné en février prochain, ce que je souhaite vivement. Sinon, ce sera pour la prochaine législature ! Aujourd’hui une quarantaine de parlementaires soutiennent la proposition de loi, qui j’espère sera effective d’ici la fin 2022. Je pense que c’est une nécessité tant le télétravail tend à se pérenniser.

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