Faut-il laisser les collaborateurs choisir leurs jours de télétravail ?

Pour le professeur d'économie à l'Université de Stanford et spécialiste du sujet du travail hybride Nicholas Bloom, c'est à l'employeur de choisir pour le salarié. Explications.

November 26, 2021
4 minutes

Nicholas Bloom*, professeur d'économie à l'Université de Stanford et spécialiste du sujet du travail hybride, pense que non.
Voici un résumé de son article "Don't let your employees pick their WFH days"  publié dans le Harvard Business Review.
70 à 80% des organisations ont fait le choix du travail hybride.

Un excellent compromis alliant les avantages de la présence physique qui permettent l'innovation, généralement une meilleure créativité et la capacité de créer une culture d'entreprise forte et les avantages du télétravail permettant de rester à la maison et d'éviter les trajets pénibles.

La pression sur les DRH est telle pour apporter de la visibilité sur les nouveaux modes de travail qu'aujourd'hui tout le monde a choisi l'hybride mais reste très flou sur ce que cela représente opérationnellement.

Et la question du choix des jours de télétravail est primordiale.

3 grandes règles sont représentées de manière assez égale dans l'étude de Nicholas Bloom

  • Décentralisée - La confiance à 100% Les équipes sont 100% libre de choisir le lieu de travail qui leur permets de remplir leurs tâches et responsabilités. Ils sont maître de leur calendrier.Cela peut sembler compliqué à mettre en oeuvre mais pas avec Offishall.io 👍
  • Centralisée - Une règle est établie pour tous. Les équipes doivent suivre la règle choisie pour tous, le plus souvent, c'est le 3j au bureau et 2j en télétravail avec des jours prédéfinis.Apple par exemple impose les mercredi et vendredi en télétravail et le reste au bureauCela peut sembler compliqué à mettre en oeuvre mais pas avec Offishall.io 👍
  • Centralisée par équipe - Le niveau de confiance choisi par le/la responsable d'équipeChaque manager d'équipe choisit en collaboration - ou non - avec ses équipes (les sondages d'équipes sont très utilisés) le format qui lui semble le plus pertinent - qu'il soit décentralisé ou centralisé. Cela peut sembler compliqué à mettre en oeuvre mais pas avec Offishall.io 👍

Nicholas Bloom, au fil des ses observations a changé d'avis sur son soutien pour la partie 100% libre de la décentralisation au profit de la centralisation par équipe car:

  • Si les collaborateurs ne peuvent pas savoir qui est là, comment réussir à créer du lien dans les équipes. Cela génèrera de la frustration et un sentiment "d à quoi bon?"Surtout le sujet des réunions "mixtes" - le mixed mode - les participants à la réunion en présentiel seront toujours avantagés sur les contenus (café avant, débrief après en allant jusqu'à son bureau) par rapport à ceux à distance.
  • La surcharge des jours aux bureaux vs en télétravail. 64% des sondés disent préférer le vendredi comme jour de télétravail contre 16% pour le mercredi.Sur une société de 100 personnes c'est 84 personnes le mercredi pour 36 le vendredi. C'est autant de congestion, de complexité le mercredi que de morosité et d'espaces vides le vendredi.
  • L'accès à la promotion interne. Dans une de ces études, Nicholas Bloom a identifié que les populations en 100% télétravail avait un taux de promotion (sur 21 mois) 50% inférieur à leurs collègue allant au bureau.L'absence physique limitant considérablement les interactions sociales.Ils soulèvent donc que les populations préférant le télétravail seraient donc partiellement sortie des voies de promotion - il cite les jeunes parents habitant en banlieue, les personnes en situation de handicap nécessitant des logements adaptés souvent inaccessible en centre ville.

Chez Offishall, nous apportons les outils pour permettre le déploiement du format hybride préféré par chaque organisation. Nous sommes convaincus que la confiance et la transparence sont la base de l'épanouissement des collaborateurs mais avons pleinement conscience des risques liés au télétravail.C'est la mission que nous nous sommes fixés: fournir les outils permettant l'épanouissement des employés dans ce nouveau normal qu'est le travail hybride.

*Nicholas Bloom, professeur d'économie à l'Université de Stanford, étudie depuis des années le travail à distance et le travail hybride (un mélange de travail à distance et sur site). Puis la pandémie a rendu ces modes généralisés et durables. Il dit que de plus en plus d'organisations se tournent vers le travail hybride, elles sont confrontées à des défis logistiques, stratégiques et de gestion difficiles.

Bloom partage une ligne directrice pour la mise en œuvre de plans de travail hybrides et aide les gestionnaires à réfléchir à ces dispositions tout en équilibrant l'équité envers les employés et les besoins organisationnels.

Bloom est l'auteur de l'article de HBR "Don't Let Employees Pick Their WFH Days".

Pierre Godret