Vive les vacances, l'effet "quiche lorraine" et la maîtrise de la langue française

Chaque semaine, Offishall lit la presse et épluche les articles liés au travail hybride. Voici notre podium des trois contenus immanquables ces sept derniers jours.

December 9, 2021
2 minutes

Chaque semaine, Offishall lit la presse et épluche les articles liés au travail hybride. Voici notre podium des trois contenus immanquables ces sept derniers jours :

Le télétravail favorise les vacances

Les vacances de la Toussaint ne sont habituellement pas une période cruciale pour les professionnels du tourisme. Mais cette année le secteur bat son plein et ce évidemment du fait de l'essor du télétravail, mixé ou non avec des jours de congés, nous apprend ce papier du Figaro. En ce qui concerne les destinations les plus prisées de ces (télé) vacanciers, l'outre-mer enregistre près de 200% de réservation supplémentaire par rapport à 2019 sur le site Pap.fr. Les zones rurales profitent aussi de cette tendance avec +125% de réservation à la campagne. Si le travail distanciel depuis un lieu de vacances connaît un envol, il peut être facilité par la mise en place d'horaires de disponibilité au sein de la journée; question explorée dans le deuxième article ayant retenu notre attention cette semaine :

L’effet « quiche lorraine » ou la disponibilité recadrée en télétravail

Car du télétravail découle cette nouveauté : "la distinction entre les « horaires de travail » et au sein de ceux-ci les « plages de joignabilité »" énonce cette chronique parue dans Le Monde. Signé par l'universitaire Jean-Emmanuel Ray, ce texte nous apprend l'existence de certains accords de télétravail prévoyant des plages horaires de disponibilité au sein de la journée.  Exemple avec l’entreprise Garance qui propose une formule grâce à laquelle le salarié peut "interrompre son travail pour vaquer à des occupations personnelles de 7 heures à 9 h 30, puis de 16 heures à 20 heures : idéal pour l’école ou la préparation de la quiche lorraine, l’amplitude journalière maximum de treize heures étant respectée" avance le chroniqueur. Une formule qui permet sans doute à l'entreprise d'éviter le flou juridique autour de l'éventuel accident du (télé)travail, à une période où de nombreuses structures s'interrogent sur l'assurance du salarié lorsqu'il est en distanciel; s'il se blesse en tondant sa pelouse pendant ses horaires de travail, qui prend en charge son accident ?
L'accord du Club Med, prévoit lui aussi qu'en "concertation avec le salarié, le manager fixe les plages horaires durant lesquelles il pourra le contacter. Pendant ces plages, le salarié sera sous la subordination de l’employeur et ne pourra vaquer à ses occupations personnelles."  L'auteur conclue en évoquant par une formule alambiquée ce qu'il considère être "le problème de fond" de cette disponibilité - en faisant un détour par l'inégalité entre cols blancs et bleus face au distanciel. Selon lui, la clé de la réussite du télétravail se niche dans un management de la confiance et ne passe surtout pas par des règles contraignantes et peu en phase avec les envies et besoins des télétravailleurs. Ainsi il pointe du doigt "l’inadaptation croissante de règles tayloriennes déniant toute autonomie au travailleur manuel en usine, à des travailleurs du savoir à leur domicile, où seule la confiance permet d’éviter les usines à gaz à double tubulure inversée."

Télétravail : les recruteurs, plus attentifs à la maîtrise du français

L'essor du télétravail a favorisé les communications écrites, faisant émerger une prise de conscience chez les dirigeants et recruteurs : Plus des trois quarts des employeurs français affirment être chaque jour confrontés à des fautes d'orthographe et de grammaire. L'étude Ipsos relayée dans les Echos révèle que les fautes sont "rédhibitoires pour une large majorité des employeurs, à l'écrit comme à l'oral." Cette exigence "s'est accrue avec la pandémie et la généralisation du télétravail : à distance et par écrit, la clarté de l'expression est de mise" peut-on lire dans cet article. Au point que la qualité de l'orthographe et de l'expression des candidats figurent désormais dans le top 5 des critères de recrutement pour une majorité de responsables RH. Les fautes d'expression sont aussi un frein à la promotion, souligne la journaliste Anna Lippert. Enfin, pour l'écrasante majorité des recruteurs, ces lacunes peuvent porter préjudice à la relation client en plus d'affecter la productivité de l'entreprise.

Edmée Citroën