Télétravail thérapeutique et bureau transformable spécial distanciel

Chaque semaine, Offishall lit la presse et épluche les articles liés au travail hybride. Voici notre sélection des trois contenus immanquables ces sept derniers jours.

December 9, 2021
3 minutes

Chaque semaine, Offishall lit la presse et épluche les articles liés au travail hybride. Voici notre sélection des trois contenus immanquables ces sept derniers jours.

Télétravail : les salariés ont peur pour leur carrière à cause de la distance

Cet article de Capital relaie une étude réalisée pour le réseau social LinkedIn et dont les conclusions sont assez terrifiantes. Les collaborateurs craignent que le télétravail (et l'invisibilité qu'il implique au bureau) ne pénalise leur carrière : plus de la moitié des salariés estiment que ceux qui sont régulièrement vus sur leur lieu de travail ont plus de chances d’être favorisés par leur patron. Les jeux de politique et le présentéisme résistent encore à l'hybridation du travail,  pour les salariés comme pour les cadres dirigeants qui partagent les mêmes craintes puisqu'un un tiers des dirigeants redoutent de favoriser davantage les salariés qui viennent le plus souvent au bureau par rapport à ceux qui télétravaillent !

Il y a de nombreuses raisons de s'opposer au télétravail généralisé - les risques psycho-sociaux liés à l'isolement, la perte des échanges informels et de la créativité ou encore la pression liée à l'obligation de résultats du fait du distanciel et la violence qui en résulte pour les salariés. Mais la crainte de l'impact sur la carrière et donc de l'invisibilité des collaborateurs en télétravail est un élément inquiétant en pleine révolution du travail. Les salariés exigent de la flexibilité et de la confiance, ce sont CES valeurs qui doivent être mises au centre de la machine (et non pas le réseautage et le faire-savoir qui sont par ailleurs des notions assez lointaines de la performance et de la productivité).

Le réseau social LinkedIn a réagit par la voix de sa directrice de la communication, Esther Ohayon : “Les salariés ne devraient pas avoir l’impression de devoir choisir entre le travail flexible et une promotion. Il est important que les entreprises créent un environnement de travail qui réponde aux besoins individuels, et qui soit juste et inclusif pour tous” peut-on lire dans l'article de Capital. Car le télétravail est aussi un vecteur d'inclusion comme l'atteste le deuxième papier qui a retenu notre attention cette semaine.

Le télétravail thérapeutique : un soutien à l’emploi handicapé

Chez Bayer, les femmes enceintes, aidants familiaux ou encore personnes handicapées peuvent avoir recours au télétravail dit thérapeutique. D'après cette chronique parue dans Le Monde, ces profils ont un statut dérogatoire inscrit dans les accords télétravail, leur permettant d'exercer davantage en distanciel. Un mode de travail qui sied aux travailleurs handicapés, car il "réduit le temps de trajet et la fatigue, répond au besoin de concilier le temps de travail avec les soins, permet de travailler dans un environnement plus calme et facilite l’aménagement du temps de travail en toute autonomie" expliquent les salariés sollicités par Le Monde, qui évoquent néanmoins le risque d'isolement et de manque d'équipement des collaborateurs.

Le concours Lépine 2021 récompense cette table basse transformable en poste de télétravail

Car le télétravail revêt une grande problématique, celle de l'aménagement d'un poste de travail confortable chez soi, qui - notamment dans les petites surfaces parisiennes - peut relever de l'impossible. C'est dans ce contexte qu'Omar Seck, un ingénieur de 37 ans a été récompensé pour son invention au concours Lépine cette semaine : une table basse se transformant en poste de travail. Baptisé Jobstable, ce meuble multi-fonctions "dispose d’un grand écran qui peut se replier, d’un clavier tactile intégré, de quatre enceintes et de disques durs intégrés. Elle se transforme en 30 secondes" nous explique le papier du Huffington Post qui a, comme de nombreux autres médias, relayé cette actualité. Peu encombrante, facile à utiliser et ergonomique, cette table (mobile car roulante) peut se connecter à tous les ordinateurs portables du marché (et n'est pas équipée d'un ordinateur, dans une démarche de durabilité et de lutte contre l'obsolescence programmée). L'inventeur l'avait pensé avant la généralisation du distanciel : « À la base, c'est un meuble que j’ai inventé pour jouer aux jeux vidéo dans mon canapé » explique le lauréat du concours originaire des Yvelines. Car la table s'adapte à la hauteur souhaitée et peut être utilisée depuis son sofa ou une chaise plus haute. En mars dernier (donc avant la victoire du concepteur au célèbre concours) le prix de cet objet était estimé à 3 à 4 000 euros. Une éventuelle fabrication en usine pourrait faire baisser son prix.

Edmée Citroën