November 22, 2022
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5 minutes

Hybridation du travail : le boom des team buildings

Avec la mise en place du mode hybride et l'éloignement des collaborateurs, la cohésion d'équipes revêt une importance considérable. Après 20 mois de pandémie, l'événementiel d'entreprise revient au galop et les team buildings sont désormais cruciaux pour les sociétés.

Hybridation du travail : le boom des team buildings

Avec la mise en place du mode hybride et l'éloignement des collaborateurs, la cohésion d'équipes revêt une importance considérable. Après 20 mois de pandémie, l'événementiel d'entreprise revient au galop et les team buildings sont désormais cruciaux pour les sociétés.

Il est difficile de distinguer le phénomène de rattrapage post-pandémie du boom des retrouvailles en présentiel lié au télétravail aujourd'hui généralisé, mais il est certain que les team buildings ont repris très fort depuis la rentrée. "On vit un moment historique" affirme Aurore Abecassis qui a monté Acmé Paris , son agence d'expériences immersives en physique (et en digital, covid-oblige) fin 2019. "La dernière année a été très dure, les salariés ont connu des bouleversements et des moments difficiles, parfois de l'isolement. Certains ont quitté leur entreprise, d'autres ont rejoint de nouvelles structures." Bref il y a eu du grabuge. Il y a donc de quoi faire en matière de cohésion d'équipes après le traumatisme généralisé causé par la pandémie. Cette cheffe d'entreprise le confirme : "On est extrêmement sollicités" avance t-elle, comparant la période actuelle aux années folles.

Avec le télétravail, les boîtes veulent créer des moments de cohésion spécifiques

En moyenne, les entreprises accordent aux salariés deux jours de télétravail par semaine. "Du coup les gens se croisent, et il y a peu de moments où ils se voient. Les boîtes veulent créer des rendez-vous de cohésion spécifique." Soirée à thème, balade à cheval, cours de mixologie ou encore karaoké : "les entreprises ont envie d'exceptionnel" et privilégient la qualité à la quantité. "L'idée c'est de faire moins d'événements mais plus qualitatifs, d'autant que les entreprises ont accumulé de gros budgets depuis deux ans" affirme la dirigeante de cette structure qui offre des expériences premium et sur-mesure à des clients comme LVMH, Airbnb ou encore BNP Paribas.

Autre enjeu de taille, un an et demi après le début de la crise sanitaire, il faut retenir les talents dans une période où de nombreux employés quittent ou envisagent de quitter leur travail. "Il y a donc une nécessité double pour nos clients, fidéliser les collaborateurs qui veulent partir et en attirer des nouveaux. Il faut créer des événements qui vont mettre en valeur la marque employeur."

Car selon elle, l'événement d'entreprise peut avoir un effet retentissant, "quant on planifie un séminaire, il y a un effet de fomo [peur de rater quelque chose], les salariés se disent 'je ne peux pas partir avant le séminaire'. À postériori, il y a un effet de halo" : les collaborateurs repartent avec d'impérissables souvenirs dans la tête et se disent "j'ai vécu des trucs de dingue, je reste encore" poursuit Aurore Abecassis.

Team building écolo en mode Koh-Lanta

Les demandes d'événements orientés vers la RSE - la responsabilité sociale des entreprises - se multiplient. Les acteurs du marché le confirment, à commencer par Nicolas Baudry, patron de Banana Events. Il a lancé en juin dernier Les Aventuriers de la Planète, "un team building où on expérimente l'écologie en mode Koh-Lanta." Au programme notamment, les participants doivent économiser les ressources naturelles comme l'eau ou encore apprendre à ramasser les déchets.  "Ça a fait un carton" affirme t-il. Le format plaît beaucoup, surtout post-pandémie. "Les gens veulent tirer les leçons de la crise sanitaire, on sait aujourd'hui qu'on est capable de consommer moins et mieux. Les dirigeants veulent porter un message de manière ludique." Même constat pour Aurore Abecassis, selon qui la perspective d'un off-site hors des frontières emballe nettement moins les entreprises en 2021. "Il y a un petit malaise à l'idée de sortir de France" , sans doute aussi moins de facilités et une perte de l'habitude du fait des restrictions sanitaires concernant les voyages à l'étranger.

Certaines structures profitent aussi de la période actuelle pour faire des événements 100 % fun, sans message aucun. "Il y a un réel besoin de se retrouver, de faire la fête, de se lâcher. On a des clients qui nous disent : pas de réflexion, pas de powerpoint, on veut juste s'amuser ! " D'autant qu'avec le changement des modes de travail - alternant désormais entre présentiel et distanciel - les professionnels des événements d'entreprises accompagnent les clients dans cette transition hybride. Les demandes évoluent et sont aussi marquées par "le retour en force des événements festifs, qui permettent de retrouver les collègues en réel et pas à travers les écrans" poursuit Nicolas Baudry à la tête de sa structure qui embauche aujourd'hui 10 salariés. Créée en 2015, Banana Events compte 300 clients dont Axa, Malakoff Humanis ou encore Google. Avec un million de chiffre d'affaire cette année, les revenus ont été multipliés par cinq en six ans et ce malgré l'inévitable passage à vide de 2020, qui a  - pour Nicolas comme bon nombre de ses concurrents -  été rattrapé grâce au virage digital pris le temps de la pandémie. Une croissance exponentielle également constatée chez les autres professionnels du secteur ayant résisté à la crise.

Co-fondé par Emmanuel Teboul il y a trois ans, la start-up Dama Dreams,  jouit d'une évolution rapide et continue. L'entreprise compte 16 salles d'escapes game, dont la plus célèbre se situe en plein Paris et reproduit à l'identique les décors de la série du Bureau de Légendes. L'expérience immersive "a été un vrai tremplin" pour le développement de la structure. L'escape-game plonge pendant 2 heures les participants dans l'univers ultra-réaliste du programme diffusé sur Canal + . Et ça plaît évidemment aux entreprises. "La force de l'escape game, c'est qu'il faut agir en équipe, contrairement au bowling ou au carting, c'est l'une des seules activités de loisir en intérieur qui permet aux participants de coopérer".  La société, qui compte aujourd'hui 26 salariés a réalisé - malgré les 5 mois de fermeture lié au covid - un million d'euros de chiffre en 2021. Son co-dirigeant Emmanuel Teboul mise beaucoup sur l'ouverture prochaine dans la capitale de la "plus grande expérience immersive de France", sous licence américaine.
Le chef d'entreprise ambitionne de multiplier par cinq son chiffre d'affaires l'année prochaine.

Edmée Citroën

Le travail hybride à portée de main.

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